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Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia

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Me mysel and I
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MessageSujet: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Ven 16 Fév - 13:24


Sillas & Nia

« Conceal, don't feel, don't let them know...»
« Assise à la table de son appartement, Nia déjeunait en silence, comme tous les matins, petit déjeuné qu'elle n'avait pas choisi, comme tous les matins, livré directement dans une petite trappe dans ce qui lui servait de cuisine, comme tous les matins. C'était ainsi que commençaient toutes les journées de tous les habitants de Pandora et ce, depuis la création de cette ville. Cette guerre destructrice avait mené à ce mode de vie, réglé et réglementé, tout à fait sensé et logique pour des personnes sans émotions, un mode de vie sans vague, sans danger et sans vie. En effet à Pandora, les êtres humains étaient depuis un peu plus d'un siècle, libérés de l'effet néfaste des émotions qui ont menées leurs ancêtres à s'entretuer et à détruire 80% du monde qui fut le leur. Plus de guerre, plus de violence, plus de danger...plus rien !
Dos à l'immense baie vitrée qui constituait toute la façade extérieur de son appartement (rien n'a besoin d'être caché ici), elle déjeune donc, sans le moindre plaisir, le menu du jour n'étant pas à son gout...oui, vous avez bien lu : pas à son gout. Car oui, la jeune Nia a des gouts. Il y a des choses qu'elle aime et d'autres qu'elle n'aime pas, mais elle a apprit à faire avec depuis le temps. Chez elle, les émotions et les sensations avaient trouvées un moyen de se frayer de nouveau un chemin dans son code génétique, levant l’inhibiteur génétique qui avait été placé bien avant sa naissance et mettant un bazar sans nom dans sa vie.

Elle se souvient encore de son premier rêve et de la panique qu'elle ressentit à son réveil, ne comprenant rien à cette chose étrange qui avait animé sa nuit. Comment aurait-elle pu comprendre ces images étranges et c'est choses tout aussi étranges qui s'étaient produites dans son corps pendant qu'elle les voyait. Son corps avait été actif, très actif pendant son sommeil et à son réveil, elle avait la tête pleine de choses qui s'étaient produites dans la journée de la veille et d'autre qu'elle n'avait jamais vécue...voilà qui fut pour le moins étrange. Et puis son coeur d'ordinaire si tranquille, s'agitait dans tous les sens à un rythme irrégulier, ce qui lui fit craindre d'être sur le point de mourir.
Elle comprit rapidement ce qui lui arrivait quand la même chose se produisit la nuit suivante, et quand, après la chute d'un feeler du haut de son immeuble survenue trois jours plus tard, elle sentit une vague de chaleur envahir son coeur qui battit une nouvelle fois étrangement beaucoup plus vite que la normale, avant de sentir du liquide couler de ses yeux : elle était malade. Elle n'eut pas besoin d'aller voir un docteur pour le savoir, c'était évident. Elle avait passé bien trop de temps plongée dans les livres d'histoire à en apprendre plus sur ces étranges Feelers et leurs émotions qui mettaient en péril l'équilibre si parfait de Pandora, pour ne pas comprendre ce qui lui arrivait. Personne dans l'immeuble n'avait eut sa réaction face à cet incident pourtant de plus en en plus répandu. Elle même n'avait jamais eut cette réaction face aux autres suicides auxquels elle avait déjà pu assister. Elle était malade, c'était certain.

Elle subit donc en secret et avec grande peine, les symptômes de cette maladie qui modifiaient totalement son comportement, rendant sa tâche sacrément ardue, et ce jusqu'à ce jour. Deux ans plus tard, elle avait largement atteint le stade 5 de la maladie, qui lui vaudrait un aller simple pour le CALME vers une mort qu'elle savait certaine.
Elle avait apprit aujourd'hui à se contrôler, à ne pleurer qu'une fois chez elle, et à ne pas montrer le moindre signe d'émotion à l'extérieur de son cocon si froid et impersonnel, pour ne pas mettre sa vie en danger, s'astreignant tous les jours à une implacable rigueur, épuisante et éprouvante, et aujourd'hui, elle était encore en vie. Malheureuse, frustrée et apeurée, mais en vie, et elle devait le rester jusqu'à ce qu'un médicament soit enfin trouvé à cette maladie, pour pouvoir retrouver une vie normale sans émotions et sans vie. Elle ne voyait absolument pas l'intérêt à ses émotions : elle était seule, isolée et souffrait quotidiennement d'un manque de quelque chose, sans vraiment savoir quoi...il n'y avait rien d'intéressant à cela !

Son petit déjeuné terminé, elle glissa son assiette dans la trappe, se brossa les dents et partit en direction de Logom pour une nouvelle journée de travail. Historienne depuis ses 18 ans, elle passait ses journées à rédiger des articles sur la grande guerre et ses conséquences, pour remplir les livres enseignés aux enfants de Pandora, afin que personne n'oublie l'effet dévastateur des émotions, lui rappelant sans cesse qu'une fois découverte, elle serait elle aussi considérée comme un danger pour la ville et mise à l'écart. Alors à Logom plus qu'ailleurs, elle était sur ses gardes, gardant un visage parfaitement impassible et ne s'intéressant que très peu à ce qui pouvait se passer en dehors de son écran, se sentant plus seule que jamais.

La semaine se terminant, l'habituel briefing était prévu, pour confronter les travaux des historiens avec ceux de leurs illustrateurs, afin de s'assurer que tout était cohérent et d'effectuer si nécessaire, quelques corrections. C'était toujours un moment délicat pour elle : exposée à tous ses collègues, il suffisait que quelque chose lui échappe pour qu'elle soit tout de suite repérée. Au quotidien, elle parvenait à limiter ses échanges avec eux au maximum, ce qui rendait ses journées tristes, mais sacrément plus sécurisante. Mais ce briefing avait tendance à la rendre un peu paranoïaque, persuadée que telle ou telle réaction pouvant être jugée comme un peu trop vivante, la mènerait tout droit au CALME. Elle prit donc comme tous les vendredis, un temps seule dans les toilettes pour se recentrer et se concentrer, avant d'entrer dans l'arène.

Raide, sans expression et respirant le plus calmement possible, elle fit donc son entrée dans la salle, impassible, lâchant un simple Bonjour à tous. comme le faisaient tous les autres, avant de prendre place sur le siège qui était le sien autour de cette grande table blanche, regardant religieusement dans le vide comme tous les jours, pour éviter de voir quelque chose qui pourrait faire son corps réagir. »  
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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Mar 20 Fév - 14:21


Nia & Sillas

« This is not a team, this is a machine.  »
« Jour, date, saison, année, âge, poids, identité, nourriture, poste. Des chiffres. Partout. A foison, pour tout. Petit déjeuner tant. Poste numéro untel. Attribué avec telle numéro de poste complémentaire. Appartement n° tant sur tant. Nous sommes des données. Mis bout à bout ça forme un code. Un sacré code d'ailleurs. Unique dans l'absolu; mais pourtant si semblable aux autres. Et cela nous rend totalement dispensable. On est les petites pièces d'une immense machine. Si l'on défaille, on nous retire, on nous remplace. Mais la machine elle continue de tourner, indifférente à cette petite erreur de code, ce numéro qui ne suivait pas bien les autres.

Ma tête est remplit de chiffres. Elle en bourdonne. Je suis incapable de déjeuner, et j'ai presque peur d'ouvrir ma penderie. Heureusement ici pas de numéros, il faut dire que le choix est simple. Uniforme unisexe blanc. Ca évite de perdre du temps certainement. Je m'habille mécaniquement, toujours de la même façon. Ca aussi on l'a appris par étape, en premier ceci, ensuite cela...Je crois que je perds la tête.

Je laisse tout ouvert. Ca fait désordre. J'ai du mal à circuler. Je n'ai aucune raison de faire ça. C'est contre productif. Et pourtant quelque part ça me soulage. C'est connu, mais pas imposé. Drôle de situation. Il me faut partir. C'est l'heure. Toujours l'heure de réaliser une tâche. Les même jour après jour. Je n'ose pas y déroger. Que m'arriverait-il si je ne partais pas à l'heure ? Si j'arrivais en retard au travail ? Je ne sais pas si cette idée me paraît stressante, ou me laisse indifférent. J'oscille.

Réunion. Ce mot passe en boucle de bouches en bouches, remplaçant les "tu vas bien ?" ou autres formules d'usage habituelles, débitées d'un ton qui me contrarie. Mais pourquoi ? C'est ainsi que cela a toujours été non ? Je suis donc les pas de mes collègues, mes pieds connaissant le chemin et le prenant même si ma tête est ailleurs. J'aimerais pouvoir simplement me connecter à ma tablette, et continuer mon travail. Les automatismes sont bien pratiques. Je me sens perdu, mais je suis le flot, m'installant à ma place, entre les deux personnes habituelles, dont je connais certainement le nom, mais sans pouvoir l'associer à leur visage. La Réunion va commencer, il faut que je me concentres.

On passe en revue les sujets traités, les historiens apportant les détails nécessaires à la bonne compréhension de l'illustration qui suit. L'illustrateur prend alors la parole, expliquant ce qu'il a voulu transmettre, quelle scène il a choisit, de quel point de vue, comment etc...Si il y a des rectifications à faire elles seront demandées maintenant. Je n'arrive pourtant pas à m'intéresser à tout ça. Je scrutes le visage de mes collègues, leurs mains. Pourquoi suis-je le seul qui étouffe ? Qui ai ce besoin irrépressible de bouger la jambe ? Ils sont tous parfaitement calmes, sereins. Aucun ne détourne son attention de l'écran et de ce qu'il affiche.

Mon prénom. C'est mon prénom qu'on appelle et je clignes des yeux, avant de réaliser de quoi il s'agit. Je me reprends, et explique mon illustration, plus sombre, plus étrange que ce que je fais habituellement, et pourtant cela me semble plus juste. On m'observe à présent, et je détournes le regard pour le focaliser sur ma tasse. Il faut que le traitement fonctionne.  »  
Caramelle
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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Mer 7 Mar - 4:57


Sillas & Nia


« Conceal don't feel, don't let them know... »


Les mots s'agitaient autour d'elle, en une danse sans forme, incapable de retenir son attention. Rien n'y faisait : elle avait beaucoup de mal à s'empêcher de regarder le monde qui l'entourait et ce, bien que personne d'autre dans cette pièce, ne semble dévoré du même besoin qu'elle. C'était plus fort qu'elle. Du coin de l'œil, elle observait les rides se formant au coin des yeux de Gabriel qui expliquait alors son dessin, ride qui ne demandaient qu'à s'animer d'un sourire ou même d'une grimace, les yeux de Jonah assit là-bas à droite, le regard désespérément vide et ce, bien qu'il soit justement en train de regarder le dessin qui ne suscitait pas la moindre émotion en lui, rappelant à Nia que son comportement n'avait rien de normal dans les environs (comme s'il lui était possible de l'oublier). Elle observait en détail le visage de Ben, je patron, celui qui animait tous les vendredis cette réunion, accordant la parole à untel ou untelle, avec une organisation et une régularité sans faille, d'un visage absolument impassible. Seuls quelques rares hochements de tête discret et éparses, pouvaient être pris à tort, pour une marque émotionnelle.
Non, elle ne percevait rien, strictement rien dans le comportement des personnes présentes dans cette pièce, rien qui puisse laisser penser qu’elle n’était pas seule à vivre ce qu’elle vivait. Elle était entourée de monde mais atrocement seule, encerclée de robot sans âme, de corps vides de sens, mais potentiellement tellement dangereux pour elle, de visage familier mais dans lesquelles elle ne se reconnaissait pas le moins du monde. Totalement distraite, elle n’entendit pas l’interjection de Ben, lui demandant si le dessin de Gabriel, son illustrateur, était correcteur. Ce fut en sentant de nombreuses paires d’yeux converger vers elle, qu’elle réalisa qu’une fois de plus, ses pensées avaient joué contre elle et la mettait dans une situation potentiellement délicate.

Pardon Ben, elle dit le plus calmement possible, contrôlant tant que possible ses battements de paupières et contrôlant les muscles de son visage afin qu’ils ne laissent rien transparaitre des émotions qui l’agitaient jusqu’alors.
Elle jeta un rapide coup d’œil au dessin, remarqua sans peine quelques erreurs et quelques incohérences, qu’elle pointant toujours le même ton monocorde qui était le sien depuis aussi longtemps qu’elle s’en souvienne, satisfaisant alors la curiosité du patron, qui finit par détourner son attention d’elle pour passer au sujet suivant. Elle poussa un discret soupire du bout des lèvres, avant de s’autoriser à s’avachir un peu – pas beaucoup – sur son siège, comme une petite récompense pour ce nouveau piège évité.

Cette vie guidée et millimétrée commençait à l’épuiser, mais elle n’avait pas d’autres solutions que de s’y soumettre…Elle n’avait nullement envie de se voir offrir un aller simple au CALME. Elle avait malgré tout, besoin de petits moments comme celui-ci de temps en temps, comme pour s’assurer que non, elle n’était pas comme eux, et qu’une autre force, bien plus intéressante à ses yeux mais bien plus dangereuse aussi, l’animait.

Les discussions continuèrent, et l’on arriva au dessin de Sillas, qui se tenait comme toujours juste en face d’elle. Elle réalisa alors qu’il était le seul qu’elle n’avait pas encore pris le temps de détailler, sans doute parce que sa position était beaucoup trop frontale. Les autres, elle pouvait les observer du coin de l’œil, mais Sillas était parfaitement en face d’elle et remarquerait sans la moindre peine qu’elle le dévisageait et ça, c’était un risque qu’elle ne pouvait pas prendre. Ben l’interpella donc à son tour, et cru apercevoir en lui rapidement, la même petite pointe de panique qui l’avait elle-même traversée quelques instants plus tôt. Surprise et intriguée, elle ne décolla pas son regard de lui alors qu’il expliquait à son tour son travail, cherchant quelque chose. Quoi ? Elle n’en avait pas la moindre idée…elle le saurait en le trouvant.

Il parlait calmement, mais il y avait quelque chose de différent dans son attitude : son regard qu’elle savait bleu (compliquer de ne pas le remarquer, même quand notre passe-temps favori n’est pas de dévisager les gens) paraissait un peu plus sombre que d’ordinaire, et même le temps de sa voix semblait comme voilà par quelque chose. Ses épaules étaient un peu plus avachies que d’ordinaire et elle remarqua ses doigts qui s’agitaient un peu sur sa tasse…intriguant. Elle ne le lâcha pas du regard durant tout son speech, ni même à sa fin, cherchant encore ce qu’elle cherchait. Il détacha alors son regard de l’écran pour le poser fixement sur sa tasse, ce qui sembla durer une éternité.

Le regard de la brunette se fit un peu plus insistant sur l’homme qui se tenait en face d’elle, comme toujours et que pourtant, elle n’avait jamais vraiment pris le temps de regarder, sans doute à tort. Il n’avait pas encore de ride, ni au coin des yeux, ni des lèvres, ses traits étaient fins, sa barbes parfaitement bien taillées…jusque-là, il n’avait rien de bien différent de la plupart des hommes qui peuplaient Pandora. Alors pourquoi semblait-elle incapable de détacher son regard de lui ? Il y avait quelque chose derrière ses yeux translucides, une chose étrange qu’elle ne saurait définir, mais dans laquelle elle reconnaissait une petite partie d’elle.
Serait-ce possible ? Serait-elle enfin parvenue à trouver quelqu’un qui lui ressemble un tant soit peu dans cette ville ? C’était impossible ! Elle était malade, elle le savait bien. Elle ne pouvait donc se retrouver qu’en d’autres malades…à moins que…intriguée et perplexe, elle est alors prise d’une soudaine envie de se pencher vers lui et de taper légèrement sur la table pour attirer son attention, pour pouvoir approfondir son investigation, envie bien trop dangereuse, qu’elle réfrène bien évidemment, se contentant de caresser son visage et son buste de ses yeux, avec une étrange avidité.

Il lève les yeux. Bien sûr ! Elle devrait pourtant le savoir : quand on regarde fixement quelqu’un, ce quelqu’un fini par le sentir et par nous regarder en retour. D’ordinaire dans ce genre de situation, elle détourne rapidement le regard, parvenant parfaitement à conserver son calme et à faire comme si de rien n’était, mais pas cette fois. Cette fois, elle prend quelques secondes pour le regarder dans les yeux, et croit y apercevoir une émotion…une émotion dans le regard de quelqu’un de sain ? Impossible ! Mal à l’aise, elle détourna enfin les yeux, inclinant légèrement la tête pour dissimuler le rose qui commençait à teinter ses joues. Elle serra fermement ses paumes l’une contre l’autre sous la table, pour se calmer et se ressaisir, technique qui marchait plutôt bien en général, et entreprit quelques respirations discrètes, pour effacer cette réaction physiologique qu’elle avait déjà expérimenté à quelques reprises. Elle ne savait pas vraiment ce à quoi elle ressemblait dans ces cas-là, mais elle savait que cela attirait l’attention et ça, ce n’était pas une bonne chose. Elle resta ainsi quelques minutes en tentant de vider son esprit, sachant pertinemment que si elle continuait à penser à l’étrange théorie qui commençait à naitre dans son esprit, cette réaction étrange et désagréablement ne ferait que s’attiser.

Après un temps qui sembla durer une éternité, elle sentit enfin que c’était fini et pu relever la tête l’air de rien, gardant cette fois, les yeux rivés sur l’écran : il était hors de question qu’elle recroise Son regard et ce, bien qu’elle en crève d’envie.




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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Mar 27 Mar - 14:54


Nia & Sillas

« This is not a team, this is a machine.  »
« Figés. Je viens de trouver ce qui semble tous les définir. Ils sont figés, comme inanimés. Des poupées de cire, parfaitement réalisées, ils ne leur manquent que la vie. Et quand ils s'animent c'est avec la lenteur et l'économie de mouvement propre aux robots. L'intelligence artificielle a permit de grandes avancées, mais on a toujours cru qu'elle ne pourrait remplacer l'humain. Alors pourquoi essayons nous de devenir comme ces robots ? Cette question pourtant perturbante me permet de me calmer. Je connais cette situation. Cette absence de mouvement, ce regard au loin, sans intérêt. Il me faut à présent faire cela consciemment, et volontairement. Mais ma mémoire musculaire devrait y parvenir facilement. Cela demande du contrôle, les muscles de mon visage semblent vouloir s'animer d'eux-même, comme s'ils souhaitaient peindre une scène sur mon visage. Il en faut de peu pour que je ne me mette pas à lisser mon visage. A le tirer pour que tout se mette en place et y reste. Il me faut penser à quelque chose de neutre. Qui n'agite aucune des bêtes qui semblent avoir élues domiciles en moi. L'ignorance est après tout une des techniques de défense les plus efficace. Ou pas. Il va me falloir mettre au point une stratégie anti-débordements comme l'a mentionné le docteur.

C'est mon tour. Je dois parler. Je l'ai fait des millions de fois. C'est presque aussi naturel que de cligner des yeux. Et pourtant aujourd'hui c'est difficile. Vraiment compliqué. Il me faut déglutir, me rappelle de respirer. Vraiment respirer, sans retenir ma respiration. Quelle est donc cette boule dans ma gorge qui me gêne autant ? J'ai du mal à garder mon regard fixe sur l'écran. Je sais que les autres sont tout autour de moi, qu'ils écoutent, mais ils ne commentent pas, se contentant d'être là. Pourtant leurs pensées doivent foisonner aussi. Quand enfin mon tour se termine, je ressens une certaine légèreté, et je me relâche un peu dans mon siège. C'est plus dur de minutes en minutes. Je ne dois pas me faire remarquer. Il y a quelque chose. Une sensation d'appui. D'attention. C'est une perception de l'esprit plutôt que des sens, vu que je ne regarde que ma tasse, que je tiens d'ailleurs si fermement que je ne sens que sa surface chaude et lisse. Pourtant il y a comme une démangeaison, un besoin urgent de lever les yeux, de scanner la pièce, de comprendre qui s'intéresse à moi, et pourquoi. Quel est cet instinct défensif ? Je me sais en sécurité, tout le monde ici est connu et approuvé comme correspondant parfaitement à son poste et aux attentes qui y sont liées.

Je cèdes. Je détaches les yeux de ma tasse, et les relève lentement, gardant une certaine prudence. Je rencontres aussitôt un autre regard. Profond, sérieux, et intéressé ? Je m'attendais à de l'indifférence, à un calme poli, a une seconde d'attention avant que le contact ne se rompe. Mais ce n'est pas le cas. Elle soutient mon regard sans détourner son attention, et je sens quelque chose. Je remarque aussi beaucoup de détails. La teinte délicate de sa peau, qui contraste si fortement avec la couleur sombre de ses cheveux. Sa bouche charnue qui semble pourvue de ses propres expressions. C'est presque impossibles de les voir, mais pourtant je distingues ces micro mouvements qui semblent ne pouvoir s'exprimer que là. Est-ce que je rêve ? Est-ce que mon cerveau imagine des choses? Car c'est étrangement réconfortant de la regarder. Je ne devrais pas. On va se faire remarquer, et cela va nous attirer des ennuis. Mais si elle pouvait comprendre ? Si elle pouvait m'expliquer ? Je ne peux pas être le seul. Et je ne veux pas croire que le CALME soit la seule solution.

Elle rompt le contact, détourne la tête, pose ses mains l'une sur l'autre. C'est une coupure. Net, précise et claire. J'abdique, et reporte mon attention sur l'écran. C'est plus difficile, moins confortable que de la regarder, mais c'est plus sûr, car c'est ce que l'on attend de moi.»  
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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Jeu 26 Avr - 2:27


Sillas & Nia


« Conceal don't feel, don't let them know... »


Voilà qui était pour le moins déroutant. D'ordinaire, cette très désagréable sensation de gène, ne montrait le bout de son nez que parce qu'elle avait fait quelque chose d'inapproprié ou de potentiellement dangereux pour elle, ce qui bien heureusement, arrivait de moins en moins souvent à mesure que le temps passait. Mais en général, elle était la seule à blâmer pour l'apparition de ces étranges picotements sur ses joues et dans le creux de son ventre. Mais aujourd'hui, elle avait comme l'étrange impression que quelqu'un d'autre était mêlé à ce sentiment. Elle n'était pas uniquement embarrassée d'avoir été prise en flagrant délit de fixation intense, mais elle l'était aussi et surtout parce que la personne qu'elle venait de fixer l'avait fait en retour.

Ici, les contacts physiques comme toute autre forme de contacts humains n'avaient pas la moindre raison d'être. Ils étaient donc plus que limités et Nia n'y était donc pas du tout habituée. Elle avait plutôt l'habitude de voler des instants à des inconnus, imaginant le peu de choses qui pouvait bien se passer dans leurs esprits et la paix qui devait y régner, guettant en vain des signes d'une quelconque forme d'humanité. Il ne lui était pour ainsi dire, encore jamais arrivé de croiser le regard de quelqu'un d'autre aussi longtemps. Les Feelers diagnostiqués et à des stades avancés de la maladie avaient eux des occasions d'échanger de cette façon avec d'autres malades...ils n'avaient après tout plus rien à perdre. Elle au contraire, ne pouvait se le permettre. Mais étrangement, ce n'était pas la crainte d'avoir potentiellement été repérée qui régnait en elle à cet instant, mais plutôt l'envie brulante de relever les yeux et de croiser de nouveau ce regard si intriguant.

Elle passait le plus clair de son temps à chercher sur les visages de ses paires, des signes de quelque chose, de quoi que ce soit qui puisse un peu remplir le vide constant qu'elle ressentait. Elle ignorait ce qu'elle recherchait exactement, mais elle savait qu'elle le saurait quand elle le verrait. Voilà qui était chose faite. Elle avait trouvé quelque chose dans ces yeux bleus et son corps l'avait compris. Elle dû mettre beaucoup plus d'énergie que d'ordinaire pour apaiser son rythme cardiaque qui s'était emballé et dû lutter de toute ses forces pour ne pas relever les yeux vers lui. Elle arriva à se concentrer quelques instants de plus sur l'écran qui n'avait, pour l'instant, pas le moindre intérêt pour elle, tenant ainsi jusqu'à la fin de cette interminable réunion.

- Très bien, je pense que nous avons fini. Merci à tous. Ces quelques mots mirent fin à son supplice. Elle réalisa alors que sa respiration était jusqu'alors, quasi inexistante et saccadée, tant l'effort de s'empêcher de le regarder avait été intense pour elle. Elle inspira donc profondément en se relevant, gardant irrémédiablement le regard le plus bas possible. Elle ne voulait plus prendre le risque de croiser son regard, pas à présent que les yeux n'étaient plus fixés sur cet écran, ni de croiser celui vide de quelqu'un d'autre...cela serait bien trop déprimant.

Enfin debout, elle poussa gentiment sa chaise sous le bureau, laissant ainsi le temps aux autres de sortir, et s'avança à son tour vers la porte, le regard accroché au sol d'un blanc immaculé, souhaitant s'échapper le plus vite possible de cette pièce, théâtre de choses bien étranges, qu'elle mettrait un certain temps à comprendre et à détailler pour qu'elles ne se reproduisent plus jamais. Malheureusement, quand on ne regarde pas devant soit, on risque de se tromper de trajectoire, leçon apprise pourtant il y a bien longtemps...et pourtant. Pourtant, elle sentit une légère entrave à son déplacement, l'incitant à relever la tête, se trouvant alors nez à nez avec lui.

-Oh pardon Sillas...je suis désolée... elle dit le plus calmement possible, tandis que la précédente sensation de picotement refis son apparition sur ses joues et dans son ventre. Elle l'avait observé de loin, mais de près c'était encore pire. Elle crut bien n'avoir jamais vu une telle couleur dans un regard. Je...j'étais perdue...perdue dans mes pensées... elle balbutia maladroitement en sentant ses joues s'enflammer et la panique l'envahir. Rien de ce qu'elle venait de dire n'était normal pour quelqu'un de sain. Etre perdu dans ses pensées ? Les pensées n'étaient d'ordinaire, pas suffisamment nombreuses pour que l'on s'y perde. Et puis l'embarras qui était le sien ne pouvait que la trahir davantage.

-Nia, aurais tu un moment à me consacrer ? Je souhaiterais que tu jette un coup d'oeil à mon travail l'interrompit alors Robbie, son illustrateur attitré depuis des mois maintenant, mettant alors fin à cette rencontre terriblement dangereuse pour la jeune femme. Hum...oui, bien sûr. Elle répondit en tournant la tête vers lui. Tu vas bien ? Tes joues sont rouges. Oui, c'était bien ce qu'elle craignait : cette réaction était aussi visible qu'elle était désagréable. Oui oui...le café était un peu trop chaud pour moi. elle répondit de la façon la plus mécanique possible et Robbie se contenta de cette réponse, lui passant devant en direction de son poste de travail.

Sans un mot supplémentaire, Nia tourna les talons, s'éloignant de Sillas qui avait bien trop d'effet sur elle et qui représentait de toute évidence, un danger pour elle et pour sa survie.



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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   Ven 4 Mai - 19:25


Nia & Sillas

« This is not a team, this is a machine.  »
« Je suis un ordinateur. Une machine. L'illusion est parfaite, l'esthétique maîtrisé, moyenne, sans défauts handicapants, mais rien de remarquable non plus. L'esprit et la personnalité dans la norme aussi. Fonctionnel. Capable de travailler et de s'intégrer à la société, de réaliser son devoir sans vagues. Enfin ça c'est la théorie. Car mon code source a un bug. Nous avons tous un code source, semblable. Qui fait de nous des êtres efficients, entièrement dédiés à leurs tâches sans distraction aucune. On accomplit notre devoir avec comme seul ornement, quelques discussions bien contrôlées, illusion d'un monde oublié. Pourquoi parle t-on ? Pourquoi échange t-on des nouvelles de cette collègue, autant dire cette inconnue qui occupe le poste adjacent, qui a été envoyé au centre de fertilité ? Nous sommes indifférents à son sort. Qu'elle ne l'ai pas choisit nous semble normal. Qu'on lui prenne son enfant aussi. C'est son rôle en tant que femme ayant la capacité de se reproduire. Je n'ai connu que ça. Alors je ne peux pas dire que cela me révolte. Mais je me questionne. Est-ce qu'il en a toujours été ainsi ? Avons nous de tout temps été des étrangers les uns aux autres, vivant dans une proximité intense, et pourtant sans se connaître autrement que par un prénom qui pourrait aussi bien être un numéro ? Je me questionne. Le bug dans mon code n'est pas un trou. Ce n'est pas une erreur qui m'empêche de fonctionner à vrai dire. C'est plutôt comme une mise jour défectueuse. Je semble disposer de nouvelles capacités. De réflexion, de questionnement, de perception. Je reçois plus d'informations. Dont certaines physiques dont je ne sais que faire. Je me sens mal quand il arrive à un habitant d'être envoyé au CALME, comme un poids soudain et opressant. Une nausée terrible me contracte l'estomac si une équipe vient récupérer un corps. Mais à quoi sert-elle cette mise à jour ? Qu'apporte-t-elle ? Nous n'en bénéficions pas tous, ou alors, elle fonctionne mieux chez les autres.

Il n'y a qu'elle peut être...Frémissante, le regard qui va d'un point à un autre, ce sont des détails, mais je semble soudain en mesure de percevoir le moindre mouvement et elle semble être la seule à qui bouge parfois sans raison évidente. Sa gorge semble elle aussi doté d'une intention propre. C'est fascinant. L'observer à la dérobée me permet d'être pour ma part moins mobile. Cela calme la furieuse envie de mouvement que semblent exprimer mes pieds. Or je n'ai besoin d'aller nul part. Aussi ils devraient être aussi statique que les pieds de ma chaise.

La Réunion se termine, et l'on range tous nos chaises, prêts à reprendre nos postes, notre travail, sans lassitude. On se dirige tous vers la sortie, avec une fluidité née de l'habitude, dans un ordre préétablit presque. Jusqu'à ce que Nia ralentisse, s'arrêtant presque. Elle semble perdue, confuse. Une sensation de chaleur semble se propager en moins. C'est ce que doivent ressentir ces personnes blotties au coin du feu que l'on représente dans nos illustrations. Une envie de se rapprocher des ses semblables. On se retrouve face à face. Je ne sais pas vraiment ce que je fais. Mais on nous remarquera moins si on est deux à déroger à la routine. Je ne dis rien, je ne sais pas encore comment cela fonctionne. Elle, semble se réveiller, cligne des yeux, s'excuse. Tout en elle semble m'attirer de façon inexplicable. J'aimerais la cacher, la dissimuler pour qu'elle puisse respirer enfin. Je souris et répond finalement.

-Ce n'est rien, ce fut une longue réunion.

Son binôme l'interpelle, provoquant une autre réaction des plus intéressantes chez elle. Ses joues se colorent alors qu'elle se détourne, ajoutant de nouvelles interrogations à la liste déjà bien longues des miennes. Que se passe-t-il donc ?  »  
Caramelle
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MessageSujet: Re: Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia   

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Conceal, don't feel, don't let them know... | Sillas & Nia
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EVENT EN COURS

Comme chaque année, Cancun devient le centre névralgique des étudiants du monde entier pour son incontournable Spring Break. Six semaines de fête, de débauche et de folie. Nous sommes le premier avril, il ne reste plus qu’une semaine pour profiter de l’ambiance Mexicaine. Ne passez pas à côté de cette dernière chance de vous vider la tête, d’oublier les problèmes du quotidien et de lâcher prise, tout simplement !
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